Le complexe des dirigeants des PME

Chaque jour dans les médias, dans mes rencontres avec des entrepreneurs, dans des rendez-vous clients, j’entends les dirigeants de PME exprimer leur complexe d’infériorité par cette phrase : « Nous les petites boîtes… »

Arrêtez de vous faire du mal ! Regardez les choses différemment.
Nous avons une chance inouïe d’être à la tête d’une PME.

Peut-être que nombre d’entre eux n’ont connu que ça et ne peuvent pas mesurer la chance que nous avons.

Personnellement, j’ai connu un groupe et j’ai pu mesurer toutes les difficultés, les complexités, les guerres internes, les décisions incohérentes. Certes, il y a des moyens que nous n’avons pas forcément en PME, mais les enjeux de demain reposent peu sur les moyens financiers, et c’est ça qui est passionnant.

Nous sommes rentrés dans un nouveau monde, plus connecté, plus en mouvement, où les gens recherchent du sens, de la reconnaissance : le monde du digital.

Nos comportements de consommateurs changent radicalement, par conséquent nos clients, nos équipes, et nos organisations aussi.

Nous assistons à une redistribution complète des cartes. Et inexorablement, dans une redistribution, ceux qui avaient les cartes en mains en auront mécaniquement moins, nous qui en avions peu, avons une belle occasion d’en récupérer.

Pour ce faire, il faut y croire, comprendre les choses, s’adapter, être agile, aller vite, mais aussi arrêter de développer nos complexes d’infériorité vis-à-vis des grands groupes.

Analysons les choses.

Comprendre les choses, ce n’est pas le plus difficile pour un patron de PME. Nous sommes des gens de terrain, nous rencontrons nos clients, nous sommes proches de nos équipes, nous avons juste à écouter ceux qui nous entourent, les solutions nous tendent les bras.

Aller vite, être agile. 

Nos structures sont courtes, nos organigrammes sont plats, les décisions peuvent être prises rapidement, elles dépendent de nous. Pour l’agilité, c’est à nous de donner l’impulsion à vos équipes, leur donner une trajectoire et les aider à franchir les étapes. Les résultats du travail de chacun sont facilement visibles, ils sont fédérateurs et motivant pour chacun.

Et nos complexes ?

Regarder les choses en face. Oui, les grands groupes ont des moyens, mais tellement de moyens qu’ils n’en font pas bon usage. Souvent, c’est du gaspillage. Ils veulent du cher car ça rassure leur encadrement, le top du top du marché car leur entreprise vaut au moins ça.

Avec le digital, ce n’est pas forcément la solution la plus chère, mais la plus performante, il faut être malin et bien s’entourer.

Sur la 1ère page de Google, tout le monde est à égalité, le grand groupe ou la PME prennent la même place. On est à égalité en affichage. Avant le digital, les médias (TV, radio, affichage, presse) étaient accessibles aux grands groupes mais pas aux PME pour couvrir la France ou le monde.

N’arrivant plus à écouter leurs clients, les grands groupes font appel à des consultants extérieurs pour leur expliquer ce qu’ils doivent faire et comment s’organiser. Ils n’osent plus prendre de décisions seuls, et se protègent derrière ces audits pour faire des arbitrages. 

Leur organisation est tellement complexe que c’est souvent au client de se caler dans leur fonctionnement et pas non pas l’organisation de s’adapter à lui.

Ils sont contraints de repenser leur organisation, beaucoup trop pyramidale mais sont confrontés à la difficulté du changement, à l’ego de leur encadrement, aux guerres de pouvoir internes. Pendant ces longs mois, leurs clients ne sont plus leur sujet principal et leur équipe sont les témoins de ces incohérences.

Ce n’est plus leur culture d’être agile, d’être souple, ils ne pourront pas changer tout leur encadrement, toutes leurs équipes. Et très souvent, ils ont perdu l’essentiel de leur carburant : le sens.

Leur projet n’est plus celui de leurs équipes, ils pilotent par le dividende, le cours de la Bourse est leur principal indicateur, mais ça ne peut pas être le centre d’intérêt de leurs salariés.

Oui, ils avaient des atouts, mais ça c’était avant. Cette redistribution générale leur impose de nouveaux défis beaucoup plus compliqués à relever que les nôtres.

Dirigeants de PME, nous sommes des entrepreneurs, nous avons envie de construire des choses, de créer une relation humaine avec nos équipes, nos clients, de bâtir un projet commun, de partager un moment de vie tous ensemble alors, laissons tomber nos complexes, au contraire nous avons des atouts formidables pour saisir ces nouvelles opportunités !

Olivier Méril

Président

 

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