(2/2) La révolution numérique : une opportunité pour l’économie française ? West Web Festival – Jour 1 après-midi

La révolution numérique a été au centre des débats du West Web Festival, celle-ci impliquant d’énormes changements dans le fonctionnement des entreprises. Après les interventions de Philippe Dewost (Caisse des dépôts), de Marie Ekeland (Criteo), de Geoffroy Guigou (Prêt d’Union) et du Youtubeur Gonzague, la journée du jeudi 16 juillet s’est poursuivie avec des conférences animées par d’autres rockstars du web français.

Les changements dus à la nouvelle ère numérique avec Roland Tripard (seloger.com)

La 5e conférence du West Web Festival a été menée par Roland Tripard (seloger.com) et Jacques Bigand (Gercop). Ce dernier a ouvert son intervention par une phrase qui résume bien la pensée de tous les speakers du West Web Festival :

« On pourra dire que nous avons connu l’avant et l’après révolution numérique ».

La révolution numérique a bousculé tous les acquis des acteurs économiques en les obligeant à repenser leur mode de fonctionnement. Roland Tripard a confirmé cela en énumérant les 3 gros changements qu’implique aujourd’hui la révolution numérique : l’expérience utilisateur, la donnée de l’internaute et le nouveau modèle économique.

Pour imager son propos, Roland Tripard a commenté 3 slides dans lesquelles il a mis en exergue des marques à la pointe des évolutions digitales actuelles :

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La nouvelle ère numérique vue par Roland Tripard

 

– utilisation de la dématérialisation par BePrem’s
– virtualisation par KoziKoza
– End-to-End avec Airbnb…
– ciblage avec Facebook
– Add-ons avec Pillow
– hyperspécialisation avec Rentals.com
– …

Les jeunes et le digital, ou la manière de reprendre le pouvoir !

Céline Pastezeur (@CelinePastezeur, Melty) et Manuel Diaz (@manueldiaz, Emakina) ont eu la lourde tâche de relancer les conférences du West Web Festival après la pause déjeuner. Et ils n’ont pas failli à leur mission puisque, bien inspirés par les questions de Marion Moreau (@marion_moreau, magazine FrenchWeb), les deux intervenants ont su traiter le sujet des jeunes et du digital avec dextérité.

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Jeunes et digital, par C.Pastezeur et M. Diaz

Ils ont d’abord rappelé que 9 jeunes sur 10 ne se séparent jamais de leur smartphone. Et que ce nouveau comportement implique un changement dans la relation client-entreprise. Désormais, le consommateur est hyper connecté et peut donner publiquement son avis. « Le client fait désormais partie de la marque » a abondé Céline Pastezeur, avant d’ajouter « les jeunes ont tendance à influencer les médias comme les marques ».

 

Cette remarque rejoint d’ailleurs une autre intervention de ce West Web Festival avec Geoffroy Guigou du site Prêt d’Union. Sur celui-ci, Geoffroy et ses collaborateurs ont décidé de mettre l’internaute au centre de l’offre en lui permettant de mettre des commentaires, ces derniers étant non-modérés. « Un véritable pari » a avoué Geoffroy Guigou. Un pari qui oblige la marque envers le client en lui proposant un service de grande qualité et une attention constante pour répondre à son mécontentement.

Faire en sorte que le client soit important se retrouve aussi dans l’approche marketing que font les marques, avec un marketing qui devient émotionnel selon Céline Pastezeur et Manuel Diaz. « Faire pleurer d’émotion, c’est mieux qu’un coupon de réduction » a même ajouté Céline.

Autre métamorphose que les jeunes sont en train de provoquer : la relation entre le salarié et l’entreprise.

« La génération Y tend à s’écarter du management très hiérarchique des grandes entreprises pour préférer celui moins structurel des Start-Up » a remarqué Manuel.

Mais, comme la conférence suivante va le démontrer, c’est juste une transition à appréhender, un nouveau rapport de force à forger pour que les grandes entreprises et Start-Up trouvent leur place, car les deux ont besoin l’une de l’autre.

 

Comment prendre le virage de la révolution numérique ?

Les créateurs de vente-privee.com, Xavier Court et Ilan Benhaim ont ensuite pris le relais pour un retour d’expérience. Créée en 2001, vente-privee.com a rapidement senti l’importance de la révolution numérique. Et l’entreprise a même été précurseur puisque la version mobile du site existe depuis 7 ans. Aujourd’hui, vente-privee.com compte 3,5 millions de visiteurs unique par jour et fait livrer 150 000 colis/jour tandis que le mobile représente 70% du trafic et génère 53% du CA total.

« On peut considérer la vente comme l’un des plus vieux métier du monde. Pourtant l’arrivée du digital a été vécu comme une révolution » a assuré Ilan Benhaim. Puis l’arrivée du mobile a une nouvelle fois rebattu les cartes. « Le mobile a été un bouleversement qui a demandé de tout repenser car les gens ne consomment pas de la même façon sur ce support » a ajouté Xavier Court.

Les deux hommes ont soulevé un autre élément essentiel de la révolution numérique : le client est devenu le centre du projet.

« Avant, c’était les distributeurs qui étaient au centre du projet, désormais c’est le client. C’est pour cela qu’il faut parler avec lui, par exemple par le biais d’un blog. D’ailleurs, le chef de notre service client est au comité d’administration de l’entreprise » a abondé Xavier Court.

Forte de tous ces constats, la France a donc toutes les clés en main pour bien appréhender la révolution digitale. De nombreux acteurs économiques français sont partis à la conquête des marchés internationaux. Il ont donc des retours d’expériences qui peuvent être très intéressants pour les nouvelles start-ups. C’est un peu la mission que se donne la French Tech : mettre tout ce petit monde en relation pour donner plus de chance aux futures initiatives des entrepreneurs français. C’est dans ce sens que Xavier Court et Ilan Benhaim ont déclaré : « L’Europe a un potentiel de marché colossal. Selon nous, la zone géographique la plus dynamique en matière de e-commerce est l’Asie, suivie de l’Europe, et ensuite seulement vient le marché américain ».

 

La Start-up comme nouveau modèle économique

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Arkea et PriceMinister

La journée du jeudi 16 juillet du West Web festival s’est terminée par une conférence de Ronan le Moal (Crédit Mutuel Arkea) et d’Olivier Mathiot (PriceMinister), sur le thème des relations banques – start-ups.

Ces derniers ont été d’accord sur le fait que les start-ups, souvent dirigées par des personnes plutôt jeunes, ont la particularité d’avoir une conviction, un projet et un modèle économique. Les banques, quant à elles, sont plutôt habituées à lire des résultats. Ce décalage peut être à l’origine d’une incompréhension mutuelle.

Arkea a pris conscience de cette incompréhension mutuelle. Elle souhaite dorénavant se positionner comme le « Intel Inside » du marché bancaire en étant proche de l’open innovation. Elle a, par exemple, édité un livre blanc à destination des start-ups pour aider à la relation Banque – Start Ups.

Olivier Mathiot se montre assez admiratif du projet. Cela devrait permettre d’avoir de vrais accords avec les FinTech, secteur qui explose en ce moment. Les Français sont plutôt épargnants qu’investisseurs. En France, il y a 1 300 milliards d’actifs épargnés en assurance-vie. Il y a donc possibilité de trouver de l’argent pour aider les start-ups à se développer.

Selon les 2 intervenants, Arkea est en avance sur son temps. Elle cherche à être plus agile que les banques traditionnelles avec un business modèle très varié. Arkea fait partie d’un groupe (Crédit Mutuel) qui prône l’ouverture (Banque en ligne, nouveaux modèles B2B, etc.).

 

 

Merci Jérémy (@Jparard) pour ce nouveau debriefing ! Bientôt : notre article sur la conférence de la bluffante Céline Lazorthes, créatrice de Leetchi.com

Écrit par Brunehilde

Allier digital et bonne humeur fait partie de mon quotidien. Toujours en veille des meilleures pratiques digitales, c’est avec plaisir que je partage avec vous les événements, les initiatives et les innovations de ce domaine.

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